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    Georges Braque (1882 - 1963), le peintre du cubisme indissociable de Picasso durant les années 1908 à 1914.

     

    Aimez-vous Braque ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Maison à l'Estaque (1907) - Georges Braque

     

     

    "Le tableau est fini quand il a effacé l'idée"

    Georges Braque - Le Jour et la Nuit  (Gallimard 1952)

     

     

    Aimez-vous Braque ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Vase, palette et mandoline (1936) - Braque

     

    "Le vase donne une forme au vide, et la musique au silence"

    Georges Braque - Le Jour et la Nuit  (Gallimard 1952)

     

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    Un matin comme les autres

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ce matin jaune d'un soleil tout neuf qui réjouit, soupire dans l'ultime fraîcheur attendue de l'aurore. J'ouvre au grand large la fenêtre. L'air bleuté, le sol mystérieux, les frondaisons bouillonnent déjà d'une vie affairée, impérative et rassurante.


    Tout ce qui vole, rampe, s'active sous les feuilles et dans les labyrinthes d'herbes folles, semble s'être concentré là, dans mon jardin sauvage. Ce drôle de jardin qui ne m'appartient plus.


    Je suis un oiseau, un lézard, un insecte parmi la multitude. Je suis une intruse, un accessoire insignifiant de la Création, une invitée sans importance.

     

     

    Un matin comme les autres

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    J'ai chaud

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ne me touche pas ! j'ai chaud... Ecarte-toi de moi ! Mais ne reste pas ainsi debout sur le seuil : tu arrêtes, tu me voles le faible souffle qui bat de la fenêtre à la porte, comme un lourd oiseau prisonnier...

    J'ai chaud... je ne dors pas. Je regarde l'air noir de ma chambre close, où chemine un râteau d'or, aux dents égales, qui peigne lentement, lentement, l'herbe rase du tapis. Quand l'ombre rayée de la persienne attendra le lit, je me lèverai - peut-être... Jusqu'à cette heure-là, j'ai chaud.

    J'ai chaud. La chaleur m'occupe comme une maladie et comme un jeu. Elle suffit à remplir toutes les heures du jour et de la nuit. Je ne parle que d'elle ; je me plains d'elle avec passion et douceur, comme d'une caresse impitoyable. C'est elle – regarde ! - qui m'a fait cette marque vive au menton, et cette joue giflée, et mes mains ne peuvent quitter les gantelets, couleur de pain roux, qu'elle peignit sur ma peau. Et cette poignée de grains d'or, tout brûlants, qui m'a sablé le visage, c'est elle, c'est encore elle...

    Non, ne descends pas au jardin ; tu me fatigues. Le gravier va craquer sous tes pas, et je croirai que tu écrases un lit de petites braises. Laisse ! que j'entende le jet d'eau qui gicle maigre et va tarir et le halètement de la chienne couchée sur la pierre chaude. Ne bouge pas ! Depuis ce matin je guette, sous les feuilles évanouies de l'aristoloche, qui pendent comme des peaux, l'éveil du premier souffle de vent. Ah ! j'ai chaud ! Ah ! entendre, autour de notre maison, le bruit soyeux, d'éventail ouvert et refermé, d'un pigeon qui vole !

      Colette - Le voyage égoïste - 1922 (extrait)

     

     

    J'ai chaud

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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