• Etournelle, étourneau

     

     Etournelle

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C’est un doux matin de mars. Heureux, un sansonnet vocalise à la pointe extrême du cyprès qu’un moindre souffle d’air transforme en encensoir à pollen. 

    Il gazouille, gargouille, bavarde, cliquetise, grince ; son chant hétéroclite à l’harmonie bizarre semble le surprendre lui-même, le sansonnet ! Et en cette matinée de presque printemps, dans son plumage nuptial d’opale noire, sa parade de mirliflore me réjouit.

    L’étourneau, le sansonnet sont les deux noms d’un même oiseau.    Pour ma part, je le nomme sansonnet lorsqu’il est peu nombreux comme maintenant où il est entièrement occupé à sa reproduction. Mais dès qu’il s’assemble en nuée immense et sonore, graffant le ciel à tire-d’aile, inventant ces nuées multiformes qui intriguent et emportent le regard, alors il devient mon étourneau créateur et maître de l’art optique.

     

     

    Etournelle, étourneau

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    (…) comme un très rapide nuage, non, une chose trop prompte pour être un nuage, et qui à tout moment passe du noir au gris, du mat au brillant, change de forme, se désagrège, s’efface...

    Plutôt qu’un nuage, des nuages – car il y en a presque tout de suite plusieurs, infatigables dans leur course bruissante – on dirait des fumées ; c’est à présent au-dessus des collines boisées tout un feu d’artifice de fumées qui tracent des boucles dans le ciel, les ouvrent, les ferment, les resserrent, les dénouent, les emmêlent, qui explosent en grandes ombelles de suie, se perdent au plus haut du ciel en traînées, en cendres ; ou au contraire descendent presque à ras des crêtes, plus bas même, et alors on pense à de grands filets à mailles serrées jetés par des pêcheurs sur les chênes rapidement retirés, vides et remontés.

    Ou à des bannières sombres qu’on ne sait qui fait flotter, brandit, déploie, escamote (…)

    Philippe Jaccottet - A travers un verger -  extrait de « Etourneaux »

     

    Etournelle, étourneau

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Op'art - L'art optique - Vasarely

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  • Commentaires

    9
    Jeudi 16 Avril 2015 à 19:09

    Très beau texte. Là où je vivais il y a quelques années, nous avions ces gigantesques nuages qui tournoyaient au-dessus de nos têtes et se rassemblaient soit sur les toits de la résidence, soit dans les buissons qui bordent les propriétés. Quel tapage ! Souvent je me suis demandé ce qu'ils pouvaient se raconter dans leur langage si varié. Il m'était difficile de croire qu'ils ne faisaient que du bruit, sans autre signification. Simplement nous ne savons pas (encore) les comprendre. Autre sujet d'interrogation : qui commande une telle foule ?

    8
    titi
    Lundi 13 Avril 2015 à 19:51

    Bonne soirée ! J'espère que çà va ?

    7
    Mardi 7 Avril 2015 à 06:07

    Joli lundi et belle semaine, Myrto !

    Chaleureuses pensées.

    6
    titi
    Samedi 4 Avril 2015 à 13:25

    BONNES FÊTES DE PÂQUES POUR TOI AUSSI ! LE SOLEIL SERA AU RENDEZ-VOUS.

    5
    Vendredi 27 Mars 2015 à 07:25

    Chère Myrto,

    A ton image, que cette fin de semaine te soit douce, belle et lumineuse !

    Amicalement, je t'embrasse.

    4
    titi
    Mercredi 25 Mars 2015 à 12:52

    Je n'avais pas remarqué que le nuage d'étourneaux d'en bas avait la forme d'un oiseau.

    Bonne journée !

    3
    Lundi 23 Mars 2015 à 07:51

    Chaque année, ces jolis sansonnets font une halte dans notre jardin. C'est impossible de les manquer, ils sont si bavards...

    Bonne journée et belle semaine, Myrto, la meilleure possible.

    Nous concernant, Merci de tes mots. Chaleureusement, je t'embrasse.

    2
    titi
    Dimanche 22 Mars 2015 à 13:54

    Fantastique le nuage, je ne savais pas que l'étourneau s'appelait aussi sansonnet.

    Il y a quelques années j'avais la visite d'un étourneau sur mon balcon, il revenait

    chaque année et puis il a disparu . Je me souviens d'un arbre plein d'étourneaux à

    Rouen . Bravo pour le texte ! Bonne journée !

    1
    Vendredi 20 Mars 2015 à 09:27

    Oh ! très beau texte ! merci pour le partage Myrto ! J'adore Vasarely ! et le rapprochement de cette oeuvre-ci avec le vol d'étourneaux est excellent ! (J'ai peur des étourneaux, je n'aime pas l'oiseau, il est trop gros, il me fait penser au film d'Hitchcock !) Bises Myrto !

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