• L'enfant qu'est-il devenu

     

    J'arrive où je suis étranger

    (à mon père, trop loin, si proche)

    [...]

    C'est long vieillir au bout du compte
    Le sable en fuit entre nos doigts
    C'est comme une eau froide qui monte
    C'est comme une honte qui croît
    Un cuir à crier qu'on corroie


    C'est long d'être un homme une chose
    C'est long de renoncer à tout
    Et sens-tu les métamorphoses
    Qui se font au-dedans de nous
    Lentement plier nos genoux


    Ô mer amère ô mer profonde
    Quelle est l'heure de tes marées
    Combien faut-il d'années-secondes
    A l'homme pour l'homme abjurer
    Pourquoi pourquoi ces simagrées


    Rien n'est précaire comme vivre
    Rien comme être n'est passager
    C'est un peu fondre comme le givre
    Et pour le vent être léger
    J'arrive où je suis étranger


    Louis Aragon

     

    L'enfant qu'est-il devenu

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La Mer - Zao Wou-ki

     

    « Une pensée pour la nuitEntre autres »
    Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    1
    Vendredi 12 Février 2016 à 14:56

    Aragon (qui ne m'est pas sympathique comme homme) est l'un des poètes que je préfère (avec Neruda et Lorca qui les supplante tous les deux)...

    Aragon a cette lucidité effrayante que je ne sais point exprimer moi-même (mais que je partage complètement). Aragon est le meilleur probablement en expression poétique ! Très beau choix Myrto ! 

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :