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    Chut !

     

    Être chat...

     

     

    N'éveillez pas le chat qui dort

    Car dans son sommeil il voyage

    Beaucoup plus loin que les nuages,

    Plus profond que les mines d'or.

     

    N'éveillez pas le chat qui songe

    Car c'est sa fonction ici-bas

    D'éclairer le chemin des anges

    Entre l'ici et l'au-delà.

     

    N'éveillez pas le chat qui pêche

    Dans les océans du dedans.

    Il capture au sein des eaux fraîches

    Les grands poissons phosphorescents.

     

    N'éveillez pas le chat qui chasse

    En rêve les rats de la nuit

    Ils nous dévoreraient sans lui,

    Le chat qui rit dans ses moustaches.

    Marc Alyn

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            Vivre avec un chien est une si belle aventure

                       mais tellement trop courte !

     

     

    à l'Ami-chien

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    […] "Ce n’est pas à « t’écrire », à « te parler » que je joue, du moins au sens premier des expressions. Je te parle, comme on dirait, je te dessine. Je te chante comme on chante une victoire, une allégresse. Je te mets en paroles et en mots. Peintre, je passerais mes moments d’oisiveté à faire de toi des croquis, à fixer en traits de plus en plus justes et légers tes étirements, tes mises en rond, tes aplatissements, tes élongations ventre en l’air, tes postures dressées d’écureuil, tes langueurs, tes prudences de princesse rétive. A défaut de dessin, j’use de mots. Je te guette. Je te formule. Je te serre au plus près, je te répète, je te précise peu à peu jusqu’à espérer que mon texte te ressemblera, de la ressemblance approximative, inventée mais frémissante, que la tendresse donne aux poèmes." [...]

    […] "Je me suis souvent demandé, au long des insomnies, quand j’écoute ta respiration, quand tu pèses de tout ton abandon sur ma jambe ou mon dos, ou lors de ces quelques nuits blanches passées à te veiller, je me suis demandé ce que signifient ces excès de ma tendresse pour toi, cette peur viscérale de te voir souffrir ou de te sentir menacée." [...]

     

    "Lettre à mon chien" de François Nourrissier à sa petite teckel – Extraits (Gallimard 1975)

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    L'artiste colombien Federico Uribe transforme des centaines de munitions, balles, grenades, cartouches en sculptures d'une force impressionnante.

    A travers ces oeuvres très vivantes c'est la guerre, le meurtre, la mort qui sourd et percute la sensibilité.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Matière inattendue

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Camille Claudel - La Vieille Hélène

     

    La petite vieille ratatinée se sentit toute réjouie en voyant ce joli enfant à qui chacun faisait fête, à qui tout le monde voulait plaire ; ce joli être, si fragile comme elle, la petite vieille, et, comme elle aussi, sans dents et sans cheveux.

    Et elle s’approcha de lui, voulant lui faire des risettes et des mines agréables.

    Mais l’enfant épouvanté se débattait sous les caresses de la bonne femme décrépite, et remplissait la maison de ses glapissements.

    Alors la bonne vieille se retira dans sa solitude éternelle, et elle pleurait dans un coin, se disant : — « Ah ! pour nous, malheureuses vieilles femelles, l’âge est passé de plaire, même aux innocents ; et nous faisons horreur aux petits enfants que nous voulons aimer ! »

    Charles Baudelaire - Petits poèmes en prose - 1869

     

     

    La bonne vieille

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Camille Claudel - La Vieille Hélène

     

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    La plage de Sète à Marseillan. Plus de soleil, pas de vent,           presque le soir, mort des vagues...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La mouette ne rit plus sur l'écume envolée
    Le voilier s'est figé dans le large incertain
    Dieux ! que la mer est lisse et semble de satin...

     

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    Ces trois mots-titres chantent doucement devant les dessins de Simin Massoudi Meykadeh, artiste iranienne qui vit et travaille à San Francisco depuis 1983.

    Peu de renseignements sur cette artiste dont les portraits à l'acrylique sur toile sont également très touchants.

    Ses œuvres sont dans de nombreuses collections privées et son travail est présent dans la collection permanente du Musée royal de Jordanie à Amman.

     

     Visages, charmants paysages

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Ô Solitude
    Ô que j’aime la solitude !

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    Dans l'ordre...

     

     

    Retrouvée la maison triste et seule, vide de toute âme depuis de longs mois ! Retrouvée sous la pluie comme il se doit. Deux jours de pluie froide et perçante qui m’ont fait croire un instant que le temps dans mes vieilles montagnes s’était figé en novembre. Pourtant tout est là. L’extravagante végétation printanière de ce pays de pluies, de brumes et de ruisseaux, donne à la nature une sorte de dimension supplémentaire, une épaisseur, comme si arbres, taillis, forêts centuplaient le temps du printemps. Le végétal en effervescence mousse de vie et grandit sous mes yeux ébahis.

    Retrouvé mon père, il n’est pas seul dans une maison de retraite qui n’est pas triste… Pourtant je sais bien qu’après plus de deux ans passés dans cet endroit qui doit lui rappeler l’internat de son enfance, il est loin d’être à son aise. Lorsque l’on a 93 ans et qu’une nature fougueuse continue de vous animer, les révoltes forcément vous consument.

    Et pour moi, beaucoup d’efforts pour revenir dans la maison paternelle où tout me ramène à ma petite mère, accepter ce qui est désormais perdu, évaporé, disparu mais qui, je le sais, je le sens, vibre dans chaque objet, chaque meuble effleuré, caressé du regard. Allongée, la tête en travers de l’oreiller, les yeux dans les lambris du plafond, la tête vide mais néanmoins titillée par la somme de choses qu’il faudrait entreprendre pendant les quatre mois à venir, je ne me retrouve plus moi-même. Capable ou incapable ? Telle est la question qui ondule et rampe dans mon esprit défleuri.

     

     

    Dans l'ordre...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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     Sans fin

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Parfois une route qui semble se terminer au bord du monde mais s'ouvre à l’espace déployé, à l’illimité, est plus représentative que ce " 8 " fatigué, ces deux  zéros reliés par le nombril, censés symboliser l’infini

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    (à eva-maïa)

    Il y avait autrefois de l'affection, de tendres sentiments,
    C'est devenu du bois.
    Il y avait une grande politesse de paroles,
    C'est du bois maintenant, des ramilles, du feuillage.
    Il y avait de jolis habits autour d'un cœur d'amoureuse
    Ou d'amoureux, oui, quel était le sexe?
    C'est devenu du bois sans intentions apparentes
    Et si l'on coupe une branche et qu'on regarde la fibre
    Elle reste muette
    Du moins pour les oreilles humaines,
    Pas un seul mot n'en sort mais un silence sans nuances
    Vient des fibrilles de toute sorte où passe une petite fourmi.
    Comme il se contorsionne l'arbre, comme il va dans tous les sens,
    Tout en restant immobile !
    Et par là-dessus le vent essaie de le mettre en route,
    Il voudrait en faire une espèce d'oiseau bien plus grand que nature
    Parmi les autres oiseaux
    Mais lui ne fait pas attention,
    Il faut savoir être un arbre durant les quatre saisons,
    Et regarder, pour mieux se taire,
    Écouter les paroles des hommes et ne jamais répondre,
    Il faut savoir être tout entier dans une feuille
    Et la voir qui s'envole.

    Jules Supervielle - L'Arbre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Chaïm Soutine - L'arbre de Vence vers 1929

     

     

    Le frêne de Vence a donné depuis longtemps son nom à la place Thiers

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

    Lire un livre sous un arbre en double le plaisir. On ne sait plus si on tourne les pages ou si on feuillète l’arbre.

    Jean Chalon

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Ma mère, que je l'aime en ce portrait ancien,

    Peint aux jours glorieux qu'elle était jeune fille,

    Le front couleur de lys et le regard qui brille

    Comme un éblouissant miroir vénitien !

    [...]

     

    Ô mère, ô temps...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Ma mère que voici n'est plus du tout la même ;

    Les rides ont creusé le beau marbre frontal ;

    Elle a perdu l'éclat du temps sentimental

    Où son hymen chanta comme un rose poème.

    [...]

    Emile Nelligan - "Devant deux portraits de ma mère" - Extraits

     

     

    Ô mère, ô temps...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Elle souriait
    et son sourire – elle le semait à tous les vents.
    Et les gens,
    qui avaient l'air de se foutre éperdument
    les uns des autres, se souriaient.
    Se souriaient tout simplement,
    se souriaient sans ironie
    et sans envie,
    car ce sourire les unissait.
    Les couleurs même avaient changé,
    plus de peine, plus d'ennui.
    Un sourire.
    Et ils se contemplaient les gens :
    ils étaient bons, ils étaient beaux.

    [...]

    Leonide Pachtchenko

     

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    Petits points suspendus sur le fil de la phrase…
    Passereaux en partance pour les chemins migratoires de la pensée…
    Echappée de rêves entre le dessin rond-aigu des mots drus…
    Silences habités…
    Envol…

     

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    Henri Le Sidaner - Le bec de gaz - Nuit bleue '1906)

     

    Saisir, saisir le soir, la pomme et la statue,
    Saisir l'ombre et le mur et le bout de la rue.
    Saisir le pied, le cou de la femme couchée
    Et puis ouvrir les mains. Combien d'oiseaux lâchés
    Combien d'oiseaux perdus qui deviennent la rue
    L'ombre, le mur, le soir, la pomme et la statue !

    Jules Supervielle

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Maillol - L'Air - Jardin des Tuileries (1938)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Statue de Maillol dans une rue de Perpignan

     

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