Au temps qui reste, à mes vieux parents, à la douceur des choses...
Par myrto
Il va falloir partir et je n’en ai pas envie, quitter cette maison, la fermer jusqu’au printemps sans doute. Laisser mon père, ne pas le voir pendant quelques mois, même à Noël, me glace. Je dois m’y résoudre pourtant. Mais ne passe-t-on pas son temps à contre-courant de soi, de ses aspirations ?
Quand il fait beau et bleu comme aujourd’hui, quand la lumière saupoudre l’or sucré de son miel sur mes vieilles montagnes, il me semble ne jamais pouvoir m’arracher à cette harmonie dans laquelle il est si doux de se fondre.
Court bonheur, une île sur l’océan que chahutent des vents contraires. Cet après-midi mon père s’est agacé de ma visite, j’ai dû parler longtemps avec lui pour calmer sa rancœur contre tout, contre tous. Sa rapidité à s’emporter reste intacte et me surprend toujours. D’autres fois je l’ai trouvé plus tranquille, presque content d’être dans cette maison de retraite à laquelle, jour après jour il paraît s’habituer. Mais que d’idées insensées s’agitent dans cet esprit compliqué !
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog
