Au temps qui reste, à mes vieux parents, à la douceur des choses...
Par myrto
François Mauriac (1885-1970) Ronde-bosse en bronze de Ossip Zadkine -1943
« Mon père ! Inconnu bien-aimé. Je me souviens, j’avais dix ou douze ans, un soir, au retour du collège, l’idée me vint, me posséda que tu n’étais pas mort. Je ne sais plus quelle histoire j’inventai, que tu étais revenu d’un long voyage, que j’allais te retrouver à la maison. Je courus comme un fou, bousculant les passants. Je montai quatre à quatre ce même escalier que j’étais en train de gravir. Sous la lampe chinoise, maman faisait réciter le catéchisme à Laurent. En face d’elle, le fauteuil du pauvre papa était vide. Père, il ne restait de toi accrochée au-dessus du lit de maman que ta photographie agrandie par Nadar ».
A la mort de son père François Mauriac n’avait que dix-huit mois, mais il répéta inlassablement que cette mort semblait avoir dominer sa vie tout entière.
Elu à l'Académie Française en 1933. Prix Nobel de Littérature 1952
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