Au temps qui reste, à mes vieux parents, à la douceur des choses...
Par myrto
Après une nuit sans dormir toute d’éclairs, de tonnerre et de pluie, une nuit de vent sans pareil, c’est avec inquiétude que ce matin j’ai ouvert les volets, craignant le pire pour les quelques arbres du jardin : un grand cyprès ainsi qu’un olivier et un magnolia exposés à la fureur des vents languedociens. Depuis mai dernier ne manque que le vieux pin, seigneur des lieux. Peut-être bien que cette dernière tempête aurait eu raison de lui. Peut-être pas. Mais ça c’est une autre histoire.
Un regard détaillé sur les alentours montre qu’aucun arbre de mon paysage ne manque. Ils sont tous là, bousculés, ébouriffés, courageux face à la colère des dieux.
Le déluge revient de plus belle. Devant les hublots de la maison-bateau passent des paquets d’eau. Horizontaux. Les grondements incessants du ciel, ses zébrures aveuglantes nous signifient que nous ne sommes pas quittes du mauvais temps.
Depuis hier soir l’orage campe sur la mer, nous enserre, nous oppresse. Triste lumière de midi. Le jour s’écoule, paupière mi-close.
Le port de Sète sous la tempête - Claude Joseph Vernet (1714-1789)
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