Au temps qui reste, à mes vieux parents, à la douceur des choses...
Ô vous ! Maçons du siècle, architectes athées, Cervelles, dans un moule uniforme jetées, Gens de la règle et du compas ; Bâtissez des boudoirs pour des agents de change, Et des huttes de plâtre à des hommes de fange ; Mais des maisons pour Dieu, non pas...
Gustave Courbet - Le bord de mer à Palavas (1854) -Musée Fabre à Montpellier IL pourrait ne pas y être, mais il y est, et ça fait toute la différence. Devant l'eau horizontale de toute éternité, l'homme vertical, tout neuf encore. Ce petit tableau (37...
La Pierre Etrusque Quand il fut nuit sur ma chimère, J’ai quitté les champs familiers Et la montagne de mon père. Heureux les hommes passagers ! Je me dissipe dans l’oubli. Un instant je me suis assis, Le temps d’épingler quelques mots Pour que tu saches...
Ne me touche pas ! j'ai chaud... Ecarte-toi de moi ! Mais ne reste pas ainsi debout sur le seuil : tu arrêtes, tu me voles le faible souffle qui bat de la fenêtre à la porte, comme un lourd oiseau prisonnier... J'ai chaud... je ne dors pas. Je regarde...
Je cheminais pressée de rentrer au logis. Dans la rue encombrée c'était presque midi. Quand soudain, débarquant d'une rue adjacente, Tel un grand alezan au sortir d'une sente, Un vélo d'Amsterdam allègrement monté Par une vieille dame de ses bijoux parée...
François Mauriac (1885-1970) Ronde-bosse en bronze de Ossip Zadkine -1943 « Mon père ! Inconnu bien-aimé. Je me souviens, j’avais dix ou douze ans, un soir, au retour du collège, l’idée me vint, me posséda que tu n’étais pas mort. Je ne sais plus quelle...
Les sculptures et le site de Bruno Catalano [...] Au loin est l’horizon verticaux nous passons Et nous allons et nous venons nous nous suivons nous nous croisons Parfois sans nous voir nous nous heurtons et sans nous entendre nous nous excusons Au loin...
En la croquant il est doux de penser que "chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour"... ( Félix Leclerc) Combien de fois, ainsi, l’automne, rousse et verte Me vit-elle au milieu du soleil et, debout, Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie De...
Personne ne sait encore si tout ne vit que pour mourir ou ne meurt que pour renaître. Marguerite Yourcenar Quand j’habitais Alger, je patientais toujours dans l’hiver parce que je savais qu’en une nuit, une seule nuit froide et pure de février, les amandiers...
Le Pin de Paul Signac Suspendre la lune au pin La décrocher Pour mieux la contempler ! Ozaki Hosai (1885-1926) La brise fraîche Emplit le ciel De la rumeur du pin. Taigu Ryokan (1758-1831) A Karasaki, le pin est entouré d’une brume plus douce que les...
Revenir à Royale, contempler encore dans la nuit bleue la lune pleine qui se lève sur l’Océan. S’asseoir sur le ponton, abandonner son esprit au magnétisme de la belle, à la splendeur de l’instant, n’être plus que sensation. Elle monte lentement la muse...
"[…] j’espère si fort être dans vos bras dans quelques mois, ma petite maman, ma vieille maman, ma tendre maman, au coin du feu de votre cheminée, à vous dire tout ce que je pense, à discuter en contredisant le moins possible… à vous écouter me parler,...
Georges Braque (1882 - 1963), le peintre du cubisme indissociable de Picasso durant les années 1908 à 1914. Maison à l'Estaque (1907) - Georges Braque "Le tableau est fini quand il a effacé l'idée" Georges Braque - Le Jour et la Nuit (Gallimard 1952)...
La nuit dans les bois - Goran Vojinovic (huile 100 x 100 cm) O ma pauvre âme, que n'as-tu des ailes pour t'envoler loin des misères humaines. Quand je rêve dans le calme de la nuit, les yeux attachés à ces mondes sans nombre resplendissant au ciel, je...
Ce matin jaune d'un soleil tout neuf qui réjouit, soupire dans l'ultime fraîcheur attendue de l'aurore. J'ouvre au grand large la fenêtre. L'air bleuté, le sol mystérieux, les frondaisons bouillonnent déjà d'une vie affairée, impérative et rassurante....
La machine à coudre Singer Une machine Singer dans un foyer nègre, arabe, indien, malais, chinois, annamite, ou dans n'importe quelle maison sans boussole du tiers monde c'était le dieu lare qui raccommodait les mauvais jours de notre enfance. Sous nos...
Le temps des corridas est revenu. Difficile de ne pas tomber ici et là dans la presse locale sur ces rouges images qui vrillent le cœur et font, dans un réflexe, détourner les yeux Dans le grand cercle de la Terre, nous. Et dans le cercle de toutes les...
Par coeur Je sais par cœur mille chansons vieillottes et des vers sublimes de poètes inconnus je sais par cœur des noms de villes perdues des noms de femmes aimées des noms peu communs des noms propres avec de grandes initiales brodées je sais par cœur...
Aristide Maillol Saisir, saisir le soir, la pomme et la statue, Saisir l’ombre et le mur et le bout de la rue. Saisir le pied, le cou de la femme couchée Et puis ouvrir les mains. Combien d’oiseaux lâchés Combien d’oiseaux perdus qui deviennent la rue...
Statue de Paul Cornet (1892-1977) Entre les rangées d’arbres de l’avenue des Gobelins Une statue de marbre me conduit par la main Aujourd’hui c’est dimanche les cinémas sont pleins Les oiseaux dans les branches regardent les humains Et la statue m’embrasse...
Au Platane Tu penches, grand Platane, et te proposes nu, Blanc comme un jeune Scythe, Mais ta candeur est prise, et ton pied retenu Par la force du site. […] Haute profusion de feuilles, trouble fier Quand l’âpre tramontane Sonne, au comble de l’or, l’azur...
La Danseuse Folle de Rik Wouters Très impressionné et subjugué par la grande danseuse américaine Isadora Duncan au point de vouloir réaliser la sculpture d'un personnage dansant, le sculpteur belge Rik Wouters (1882 –1916) ne donnera à aucune autre de...
"C’est ainsi, le front aux vitres, que je cherchais autrefois à surprendre, pendant la nuit de Noël, un jardin endormi sous sa neige bleuâtre, ou sous la pluie, ou tout blanc de gel sous les étoiles… Je ne bouge pas, de peur de dissoudre, derrière moi,...
Francis Picabia - Femme sur fond vert 1938 Je suis enceinte de prés verts… Je porte en moi des pâturages… Que mon humeur soit drôle ou sage, je suis enceinte de prés verts… Belle est l’image ! Doux le langage… "Je porte en moi des pâturages…" Et tout...
... Je me souviens d'avoir eu pour ami, dans mon enfance, un chien, Une levrette blanche, au museau de gazelle, Au poil ondé de soie, au cou de tourterelle, A l'oeil profond et doux comme un regard humain ; Elle n'avait jamais mangé que dans ma main,...