Au temps qui reste, à mes vieux parents, à la douceur des choses...
Te voilà, rire du Printemps ! Les thyrses des lilas fleurissent. Les amantes qui te chérissent Délivrent leurs cheveux flottants. Sous les rayons d’or éclatants Les anciens lierres se flétrissent. Te voilà, rire du Printemps ! Les thyrses de lilas fleurissent....
Tu te rappelles la nuit où il pleuvait ? Trempés sans pitié tous les deux, nous avancions dans la nuit. Seuls. Est-ce moi qui te conduisais ou toi qui me conduisais ? [...] C'est ton flair qui nous a sauvés. Une étable nous a accueillis. Nous avons écarté...
Hue, bagnoles ! Il est midi. Grande ogresse La ville avale tout. La rue rebelle Pleine à ras-bord Asphyxiée, Explose de sons, de klaxons. La crue croît. La file bifide Vers les faubourgs Bifurque. Le flot se reforme sans fin. L'air alourdi, e mpuanti...
Après une nuit sans dormir toute d’éclairs, de tonnerre et de pluie, une nuit de vent sans pareil, c’est avec inquiétude que ce matin j’ai ouvert les volets, craignant le pire pour les quelques arbres du jardin : un grand cyprès ainsi qu’un olivier et...
Dix heures ce matin. Un vent léger souffle de la mer. Devant la fenêtre ouverte un papillon volète. L'arc gracieux de ses ailes au rayé bicolore se plie et se déplie au gré de ses vagabondages sur les buissons de roses violentes. Une ombre passe rapide...
A la barbe de l’hiver le printemps rose et blanc fleurit, transfigurant le paysage Amandier noir, amandier rose Dans la vigne, au bord du chemin Février te métamorphose Amandier noir, amandier rose En ce bouquet de fleurs grandiose Où se posent les séraphins...
Le ciel était pourtant si beau hier matin.. Il m'a rappelé cette image vue à la tv au lendemain funeste de la catastrophe de Fukushima. Un vieil homme seul marche dans la campagne grandiose, sous un ciel bleu jauni par un soleil immense. Il marche dans...
Une vapeur, un brouillard, Un nuage m'entourait. J'allais dans San Jeronimo Vers le port presque endormi Quand hors de l'hiver Une montagne de lumière jaune, Une tour en fleurs parut sur le chemin Et tout fut empli de parfum. C'était un mimosa. Pablo...
Il y aura des roses dans le salon Un chat sur le perron Un chien sur le gazon Du soleil sur le balcon Il y aura de l'ombre dans la maison Des livres sur des rayons Sur les chaises et sur les guéridons Sur le bureau, au milieu des crayons Des livres pour...
Charles Camoin - Les pins La mer adorante Tu regardais la mer... Couché sur la falaise, Je te voyais debout au bord de la fournaise Où brûlaient, au-dessus des flots, les rocs épars. Pas un souffle. Les pins craquaient. De toutes parts, Un soleil dévorant...
Terre-Lune, Terre-Lune Ce soir j'ai mis mes ailes d'or Dans le ciel comme un météore Je pars Terre-Lune, Terre-Lune J'ai quitté ma vieille atmosphère J'ai laissé les morts et les guerres Au revoir Dans le ciel piqué de planètes Tout seul sur une lune...
La nuit descend. Dans le vent de ses cheveux elle se balance. Vers le ciel d'été, légère, elle s'élance ! Danse claire des lucioles, elle s'envole... Les yeux dans l'outremer elle sourit aux étoiles. Heure bleue où Deneb et Véga se dévoilent Et, avec...
C’est un doux matin de mars. Heureux, un sansonnet vocalise à la pointe extrême du cyprès qu’un moindre souffle d’air transforme en encensoir à pollen. Il gazouille, gargouille, bavarde, cliquetise, grince ; son chant hétéroclite à l’harmonie bizarre...
La jeune fille de Mégare - Ernest Barrias - Orsay Le souffle qui remue imperceptiblement Cette jeune glycine autour du vieux sarment, C'est l'âme d'un zéphyr dont je connais l'histoire Pour l'avoir déchiffrée un jour dans un grimoire. Donc, jadis, un...
… Tous les cris se sont tus, les râles sont poussés. Sur le sol bossué de tant de chair humaine, Aux dernières lueurs du jour on voit à peine Se tordre vaguement des corps entrelacés ; Et là-bas, du milieu de ce massacre immense, Dressant son cou roidi,...
L'air est fait d'un cristal fluide qu'on croit voir. L'horizon délicat tremble dans les buées, Et dès l'après-midi l'on sent déjà le soir. Louis Mercier - En octobre Le pré est vénéneux mais joli en automne Les vaches y paissant Lentement s'empoisonnent...
Chacun d’eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu’un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d’un fantassin romain. Mais la monstrueuse bête n’était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l’homme de...
Ô doux étang de Bages ! Quand ton ciel devient rouge Quand ton eau se fait sage Quand même l’air ne bouge… Ô bel étang de Bages ! Dans l’aube intemporelle Tes fragiles rivages Semblent sortir du ciel… Ô clair étang de Bages ! Où dorment les galères Qui...
L'ombre venait, les fleurs s'ouvraient, rêvait mon âme ! Et le vent endormi taisait son hurlement. La nuit tombait, la nuit douce comme une femme Subtile et violette épiscopalement. Les étoiles semblaient des cierges funéraires Comme dans une église allumée...
Après quatre mois passés dans la maison de mon père me voici à nouveau loin de lui avec ce fichu sentiment d’avoir abandonné qui grignote insidieusement l’esprit. Depuis quelque temps il était sombre, peu bavard, mécontent de tout et de tous, rapportant...
J’ai aimé un cheval - qui était-ce ? – il m’a bien regardé de face, sous ses mèches. Les trous vivants de ses narines étaient deux choses belles à voir - avec ce trou vivant qui gonfle au-dessus de chaque œil. Quand il avait couru, il suait : c’est briller...
Y'a des éclats de ciel dans mon jardin, D'océan, d'horizon, Des regards bleus de mille sortes, De prusse et de lapis qui me ravissent. Y'a des couleurs d'aurore et de petit matin Des parfums, des senteurs, Des chants ensorceleurs, Des vols gracieux, des...
L'onagre, belle-de-nuit (clic) Cette grande plante (1 à 2 m de haut) que je n’avais pas remarquée jusqu’ici est de plus en plus présente dans le fouillis herbeux des bords de chemins, dans les friches. Ses grandes corolles jaune vif aux pétales détendus...
Les rayons orangés du soleil vespéral cisèlent d'or et de feu le friselis vaporeux Des cannes en fleurs à l'horizon tout proche. La dernière lumière scintille sur chaque chose terrestre. Le morne finit d'absorber l'astre qui s'enfuit dans sa course à...
Myrto - 1982 (gouache) C’était les jours blancs de soleil et de lumière brûlante. Les cocotiers jaillissant vers la nue. Les mornes, fouillis d'herbes et de raziés, reverdissant à la saison des pluies. C’était les zébus en troupeaux éperdus de faim et...