Au temps qui reste, à mes vieux parents, à la douceur des choses...
Vue sur Tanger - Matisse 1912 Quand j’ai besoin de bleu, de bleu, De bleu de mer et d’outre-mer, De bleu de ciel et d’outre-ciel, De bleu marin, de bleu céleste, Quand j’ai besoin profond, Quand j’ai besoin altier, Quand j’ai besoin d’envol, Quand j’ai...
Retrouvée la maison triste et seule, vide de toute âme depuis de longs mois ! Retrouvée sous la pluie comme il se doit. Deux jours de pluie froide et perçante qui m’ont fait croire un instant que le temps dans mes vieilles montagnes s’était figé en novembre....
Ce soir, ma bouche s'emplit de solitude Les roses ont fui mes mains Quelque part un homme meurt de vouloir être libre Dans ma tête devines-tu l’âme du vent ? Eux se sont reconnus. Elle a mordu son cœur O toi ma neige de minuit sur les fleurs de l’été...
« Coquelicot. C’est un cri, c’est un appel, c’est un mot de joues rouges et de course folle dans les blés, de mollets piqués par les chardons, de roulades et de cul par-dessus tête dans le fossé. C’est un mot claquant, insolent, cueille-moi si tu l’oses,...
La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse, Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse, Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs. Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs, Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux...
Vivre avec un chien est une si belle aventure mais tellement trop courte ! […] "Ce n’est pas à « t’écrire », à « te parler » que je joue, du moins au sens premier des expressions. Je te parle, comme on dirait, je te dessine. Je te chante comme on chante...
Elle souriait et son sourire – elle le semait à tous les vents. Et les gens, qui avaient l'air de se foutre éperdument les uns des autres, se souriaient. Se souriaient tout simplement, se souriaient sans ironie et sans envie, car ce sourire les unissait....
J'arrive où je suis étranger (à mon père, trop loin, si proche) [...] C'est long vieillir au bout du compte Le sable en fuit entre nos doigts C'est comme une eau froide qui monte C'est comme une honte qui croît Un cuir à crier qu'on corroie C'est long...
Henri Le Sidaner - Le bec de gaz - Nuit bleue '1906) Saisir, saisir le soir, la pomme et la statue, Saisir l'ombre et le mur et le bout de la rue. Saisir le pied, le cou de la femme couchée Et puis ouvrir les mains. Combien d'oiseaux lâchés Combien d'oiseaux...
Depuis deux ans exactement, ni le regard ni la parole ni le geste ne me permettent de te rejoindre, petite mère. Je ne puis désormais que me heurter au « jamais plus… » Comme je regrette de n’avoir pas fait plus souvent la longue distance qui nous séparait,...
La verve jubilatoire de Joseph Delteil, le grand écrivain audois, pour célébrer le vignoble des Corbières avant que le cers fou n'arrache à jamais ses atours d'automne. http://www.revuesouffles.fr/prix-litteraires/http://www.revuesouffles.fr/prix-litteraires/joseph...
Ma mère, que je l'aime en ce portrait ancien, Peint aux jours glorieux qu'elle était jeune fille, Le front couleur de lys et le regard qui brille Comme un éblouissant miroir vénitien ! [...] Ma mère que voici n'est plus du tout la même ; Les rides ont...
Poum ! le temps d'une explosion, et je suis là, jailli vous ne savez d'où. Poum ! j'ai cassé, d'un bond exprès maladroit, le vase de Chine, et poum ! me voilà collé, comme une pieuvre noire, au museau blanc du lévrier, qui crie avec une voix de femme...
Se trouver dans le poème, vivre l’instant troublant de l’entière empathie On s’en vient seul et l’on s’en va de même. On s’endort seul dans un lit partagé. On mange seul le pain de ses poèmes. Seul avec soi on se trouve étranger. Seul à rêver que gravite...
NOEL Les carillons de Noël Dans le vent nocturne… Qui sait où sont aujourd’hui Les cloches Et les sons de jadis ? Les sons vivants Des ans écoulés Avec leur beauté enfantine Et leurs cheveux parfumés Leurs cheveux parfumés de l’odeur de résine Avec des...
Chargés de houx Au ras du ciel passaient des suites de grands anges blancs chargés de houx. On aurait dit des sapins de Noël, couverts de lumières rouges. C’était une très haute nuit. Une nuit d’entre les nuits. De celles où il semble que les portes du...
Le vent ? Je suis le vent La mer et la lune ? Je suis la mer et la lune Les larmes, la douleur, l'amour, les oiseaux ? Je suis tout cela, le péché, la prière, la lumière... Je danse ce que je suis... Du poète Carl Sandburg évoquant Isadora Duncan Une...
Histoire trouble et embrouillée d'un tableau de légende. http://enquete.lematindimanche.ch/modigliani/http://enquete.lematindimanche.ch/modigliani/ Je retiens de l'article du "Matin Dimanche" que l'essentiel de la collection dont fait partie ce Modigliani...
On passe notre vie entière à attendre. On attend que le jour se lève sur notre vie, que le bonheur nous éblouisse. On attend encore. On attend l'heure, on attend les signes d'un nouveau départ, on attend le bus, on attend l'été en pensant à ce qu'on fera...
Pense à toutes ces routes et à tous ces chemins, qu’ils soient de terre, de ciel ou d’eau, aux ornières, aux nuages, aux récifs sur lesquels depuis si longtemps nous courons, volons, voguons. Aujourd’hui je marche, marche, marche sur cette route étroite...
...comment dire ce qui n'était ni dit, ni fait, ni pensé même, mais goûté, mais senti, sans que je puisse énoncer d'autre objet de mon bonheur que ce sentiment même. Je me levais avec le soleil et j'étais heureux, je me promenais et j'étais heureux, je...
Carl Vilhelm Holsoe - Johanna Harmon (à tes 10 ans ma Juste) - Premières années Une fois dix, dix Petite-fille, petite fée, mignonne étoile Arrivée de la voie lactée des enfants Fillette-fleur, tantôt rieuse, tantôt grave Vivante comme la pluie des perséides...
Toujours imposante la vieille grille que traversent les rayons presque palpables du soleil couchant ! La vieille grille qui ouvre sur l’immensité verte d'un vignoble soigné. Et sur tous ces châteaux dont les noms chantent, sur tous ces ceps qui, le moment...
Pâques, Toussaint puis Noël. Mon père définitivement seul parmi toutes les solitudes qui l’entourent désormais dans sa maison de retraite. Fichus repères qui jalonnent les ans et le ramènent forcément aux vieilles, fidèles, tenaces nostalgies sans lesquelles...
Pierre que nul regard ne toucha, Pierre qu'aucune main ne prit. Pure de tout regard, de tout penser, vierge de toute connaissance des hommes telle que jaillie de la terre, si longtemps retenue dans ses profondeurs, dans le gouffre maternel de son ventre....